Le nerf de la guerre ?
Des deux conflits - très différents à maints
égards - qui ont ces derniers temps mobilisé l’attention du monde entier,
Ukraine-Russie et Iran-États-Unis, un enseignement est à retenir : la
disproportion des moyens matériels en présence ne suffit pas à déterminer une issue
rapide de la confrontation. Au début de ces deux guerres, la plupart des experts
estimaient qu’en quelques jours, les plus puissants sur le plan matériel
auraient écrasé leurs ennemis. Cela ne s’est pas produit.
Ce qu’ils oubliaient de prendre en compte, c’était le rôle de l’intelligence
tactique et stratégique, celui de l’inventivité technique, mais aussi la force
du patriotisme et de la spiritualité (pour le meilleur comme pour le pire). Ainsi,
« la lutte du pot de terre contre le pot de fer » n’est-elle pas
nécessairement vouée à l’échec.
Machiavel l’écrivait dès le XVIe siècle dans les Discours sur la première
décade de Tite-Live, « l’argent n’est pas le nerf de la guerre »[1].
Parmi plusieurs exemples, il rappelait que les « bons soldats de
Sparte l’emportèrent sur l’adresse et l’or des Athéniens ».
Certes, personne ne soutiendra sérieusement que les moyens financiers et
matériels importent peu. Pourtant, ce qui est vrai et qui vient d’être démontré
une fois de plus en Ukraine et en Iran : ces derniers ne constituent pas
l’alpha et l’oméga du conflit.
Non, aujourd’hui moins encore qu’hier, l’argent
n’est pas le nerf de la guerre.


