Réflexions sur la dépossession foncière







"Mais ce sont les Corses qui doivent arrêter de vendre les terres et les maisons à des étrangers":  l’argumentation est spécieuse, elle n’a que l’apparence de la logique.

Voici pourquoi.
Dire cela, c’est comme dire, dans n’importe quelle société: « Il faut que les gens soient responsables, imprégnés d’esprit civique, respectueux des droits des autres et alors, on n’aurait plus besoin de la contrainte de la loi ». Il est vrai que dans une telle situation, il serait possible de faire de conséquentes économies de temps et d’argent: le système pénal et judiciaire deviendrait inutile et obsolète.
Seulement voilà: aucune société n’a jamais fonctionné ainsi, car il faudrait pour cela avoir à administrer un peuple de saints (en fait, il s’administrerait lui-même naturellement et sans effort !) Notre peuple, qui a des qualités, n’est pas un peuple de saints. Ce ne sera jamais le cas d’aucun peuple.
En société, c’est la règle de droit qui régule les relations entre les hommes. (Du reste, Paoli a dû, en son temps, organiser un système juridique et judiciaire extrêmement strict. Il serait inapplicable - heureusement d’ailleurs - à notre époque).
Lorsqu’un étranger propose un prix incomparablement supérieur à celui que peut payer un compatriote, la plupart des vendeurs corses ne résistent pas à la tentation. Certains le font mais ils sont rares. Seule la règle de droit (le statut de résident, par exemple) peut traiter ce problème.
Ici, je ne fais que rappeler une évidence. Mais certaines réactions à un post que j’ai publié hier sur le sujet me conduisent à y revenir.
Alors, nous sommes face à un choix: changer le droit ou bien prier pour devenir un peuple de saints. Dans la seconde hypothèse, le résultat n’est pas assuré :)

Bona dumenicata !

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