Hommage à Dominique Bucchini


 

Dominique Bucchini nous a quittés.
En chaque début d’année, nous nous appelions pour les vœux, et je m’apprêtais à le faire quand la triste nouvelle me parvint.
Nous nous sommes côtoyés un quart de siècle à l’Assemblée de Corse. Nous étions, au début, plutôt éloignés sur le plan politique mais progressivement, même si nous n’avions pas la même idée de l’avenir institutionnel de la Corse, nous nous sommes rapprochés sur le plan humain. Et puis il y a eu ces combats communs: pour la justice sociale, pour la langue corse, pour l’Université qu’il appelait, reprenant les mots de l’historien Franco Venturi au sujet de cette création de Pasquale Paoli, « la prunelle de nos yeux ».
Fin politique, remarquable orateur, il fut un grand Président de l’Assemblée de Corse, talentueux, digne et équitable. Il avait baptisé notre hémicycle « lieu sacré de la démocratie corse ».
Au moment où il me transmit ses fonctions, il me laissa sur le bureau de la présidence un livre de poésie avec quelques mots d’encouragement en langue corse.
Ces dernières années, sa voix manquait à l’Assemblée, car elle a longtemps participé de l’équilibre de notre vie parlementaire. Il était de ces hommes politiques qui prennent vraiment au sérieux les devoirs de leur charge sans se prendre eux-mêmes au sérieux.
Sa voix si singulière restera dans nos mémoires.

Addiu, o Presidente.
Addiu, o Dumè.
Riposa in santa pace.
Cunduglianze sincere à a famiglia.

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