De l’argent et des amis







Bastia, le 1er juillet 2009

« La justice humaine est d’ailleurs pour moi ce qu’il y a de plus bouffon au monde ».
Flaubert, lettre à Ernest Chevalier, 15 mars 1842.


Ces mots du grand romancier peuvent paraître quelque peu excessifs. Toutefois, dans certains cas…
Quand vous entendez que vous êtes condamné pour avoir pris un rafraîchissement dans un jardin, en bavardant avec le gardien des lieux et son épouse…

Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi des études de droit. Il suffit de savoir lire le français et de jeter un coup d’œil au Code pénal pour s’apercevoir que l’infraction reprochée n’est pas constituée.
Au reste, sans même avoir recours à un code, un peu de bon sens ne permet-il pas d’aboutir à la même conclusion ?

Mais alors, comment avons-nous pu être condamnés, puisque les juges ne sont pas censés manquer de bon sens, qu’ils savent lire, et qu’ils ont le Code sous les yeux ?

Comme le disaient nos anciens, y compris ceux qui n’avaient pas lu Flaubert :
« À chì hà danari è amicizia, Torce u nasu à a ghjustizia ».
(Celui qui a de l’argent et des amis, Tord le nez à la justice).

Dans cette affaire, l’argent ne manquait pas.
Et la prétendue victime avait au moins un ami.
Pas n’importe quel ami…

Jean-Guy Talamoni

Articles les plus consultés